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NEWSLETTER N° 20 🐝 - avril 2026.
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🐝 BRAVO et MERCI Guy CANGUILHEM !

À 93 ans, l’apiculteur coursannais Guy Canguilhem vient de décrocher une médaille d’argent au Concours national des miels, récompensant une passion transmise de génération en génération. 
Au concours national des miels de France qui s’est déroulé au mois de février dernier au Palais d’Iéna à Paris, Guy Canguilhem s’est vu décerner une médaille d’argent pour son miel de garrigue. Cette distinction récompense, à partir de critères exigeants, un miel d’exception aux arômes uniques.

Une médaille pour un miel de garrigue d’exception

Dans le sien, on trouve des parfums de bruyère, de pissenlit, de romarin, de thym, de fausse roquette, de pin, de chêne, d’olivier… soit un panaché des fleurs odorantes poussant sur le massif de la Clape. Cette nouvelle distinction, ajoutée à toutes les autres précédemment décernées, vient couronner un travail passionné.

En effet, en parallèle de son travail dans les vignes et de maraîchage, Guy Canguilhem a, depuis qu’il est jeune aux côtés de son père, consacré une partie de son temps à l’apiculture. Une activité complémentaire, mais qui a toujours beaucoup compté pour lui. Non par souci du profit, mais par attachement à ces butineuses. "Avant nous avions 300 ruches avec mon père, maintenant j’en ai à peine un quart, mais je n’ai jamais pu me résoudre à arrêter. Les abeilles sont à la fois fragiles, essentielles, fascinantes. Je veille sur leur santé, je préviens les maladies car les abeilles dépendent directement de la nature (floraison, météo, biodiversité… ), je suis attentif à l’équilibre naturel. Ça ne s’explique pas vraiment cette passion".

Une passion intacte face aux défis de l’apiculture

Et, à 93 ans, cette activité occupe toujours une place importante dans sa vie. Ses petits-enfants, Christophe et Marina, ont à leur tour été piqués par la passion des abeilles et c’est avec enthousiasme qu’il leur transmet son savoir-faire. À six mains on est plus fort qu’à deux "même si les conditions actuelles ne sont pas les mêmes que celles d’avant… Les récoltes sont plus petites, elles sont pénalisées par le réchauffement climatique, il y a moins de fleurs en raison de la sécheresse et, quand il y en a, elles n’ont pas beaucoup de nectar. Et puis aussi il y a le frelon asiatique et le varroa qui font des dégâts énormes et n’ont aucun prédateur. Ce frelon est arrivé à Bordeaux dans un conteneur en provenance d’Asie dans les années 2000 et en 25 ans s’est multiplié. Il est partout. Il faudrait que tout le monde se mette à piéger".

Grâce à de tels passionnés, l’apiculture continuera à écrire de nouvelles et belles pages. Au-delà de la récompense individuelle, cette distinction met aussi en valeur le potentiel agricole local et la richesse de l’environnement naturel.

Guy Canguilhem, une vie avec et pour les abeilles

C’était dans les années 30. Les Canguilhem étaient jardiniers, et le père n’avait encore que 4 ou 5 ruches. C’est à cette époque-là que Guy enrucha, à 12 ans, son premier essaim. Il venait de poser ses fesses sur le toboggan de l’apiculture. La guerre finie, la demande ayant beaucoup augmenté avec les pénuries alimentaires, le nombre de ruches augmenta aussi chez les Canguilhem qui passèrent de 80 à quelque 300 colonies.Il y avait, à cette époque-là, beaucoup d’essaims. Et puis, en février 1956, une gelée à –19° grilla les romarins et on ne connut jamais plus la splendeur des romanisats d’antan.

Guy avait alors 25 ans et il accompagnait son père lors des transhumances : Acacia du côté de Mirepoix, suivi du châtaignier au-dessus de Saint-Pons, et/ou luzerne à graine dans le Lauragais. Pendant 3 ou 4 ans, ils connurent aussi les voyages dans la Drôme. C’est là qu’il connut sa première volée : C’était au petit matin. Ils venaient de faire 250 km avec 50 ruches sur le plateau du camion. Le Mistral soufflait très fort. Il grêlait et pleuvait. Mais, vous le savez, tous les apiculteurs gardent quand même des souvenirs piquants de leur longue vie d’apiculteur !

GDSA et Apicop, Guy en était, évidemment. En 1958, il était parti pendant une semaine à Gap pour suivre le cours de Spécialiste Apicole. Il enchaîna avec les trois semaines du Cours Supérieur de Nice et, à la fin de la même année, il créait le GDSA, organisation qu’il renforça, dix ans après, en organisant, dans l’Aude, à Couiza, un stage de Spécialistes-Apicoles destiné à couvrir les besoins du département. Dans la foulée, il intégrait, toujours fin 58, le C.A. de L’Abeille de l’Aude.

Le 03/10/1981, 58 apiculteurs assistaient à l’assemblée constitutive d’Apicop. Guy en était l’un des administrateurs-fondateurs à côté de Aletru, Bernat, Curade, Dovetto, Huguet, Lacube, Laffont, Mader, Raynaud, Sarda et Terral. (Alain doit encore en garder le souvenir). En 1983, Guy Canguilhem accepte d’en assurer la présidence et quelques années après, en mars 90, la Coopérative du Miel de Narbonne, (que André Canguilhem, le père de Guy, avait créée au début des années 50), rejoignait cette grande unité. Bel exemple d’une famille qui a vécu « avec et pour les abeilles » !

Aujourd’hui, Guy n’en est plus à cueillir des essaims, d’ailleurs devenus fort rares. Il a soufflé sur son petit-fils qui divise les colonies sous l’œil attentif de l’Ancien. Avec un tel mentor le pourcentage de réussite ne peut qu’être élevé mais tous les apiculteurs vous diront que ça porte malheur de compter les ruches : « Il faut le faire de deux en deux, ou de trois en trois ».

J.COURRENT, 10/04/26.

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